Crise de Ceuta : le Maroc doit offrir à sa jeunesse la liberté de rester, par Mahi Binebine
- il y a 1 jour
- 1 min de lecture

Lorsque j’ai écrit Cannibales en 1999, je croyais relater une tragédie. Je découvre aujourd’hui que je n’avais raconté que le premier chapitre d’une histoire qui continue de s’écrire.
Les images de Ceuta – ces milliers de jeunes courant vers la mer pour atteindre quelques mètres d’Europe – ont réveillé les fantômes de mon roman. Les mêmes regards. La même faim. La même illusion.
Les passeurs ont changé de téléphone. Les réseaux sociaux ont remplacé les rumeurs des cafés. Les clôtures sont plus hautes, les caméras plus nombreuses. Pourtant, le moteur demeure identique : le désespoir.
On a beaucoup parlé de manipulations, de calculs diplomatiques ou de rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux. Tout cela compte. Mais aucune rumeur ne pousse un adolescent à risquer sa vie s’il possède encore quelque chose à perdre.
Dans Cannibales, mes personnages rêvaient d’Europe comme d’un continent presque mythologique. Ils ne connaissaient ni Bruxelles, ni Madrid, ni Paris. Ils connaissaient seulement l’absence d’avenir.
On parle de «pression migratoire». Cette expression administrative me glace. Derrière chaque migrant se cachent un prénom, une famille, une enfance










Commentaires